Chapitre 3

Chapitre 3

Chapitre3

Coucou les carvi followers, comme promis, « L’autre côté de l’amour » est lancé. Voici le chapitre 3 de l’oeuvre. A vous d’apprécier et partager au max!

CHAPITRE 3

– Nancy, il faut qu’on parle à ce sujet, j’aimerais que tu prennes une pause d’un an avant de travailler
– Comment ça une pause d’un an ?
– Je voulais t’en parler avant tes examens mais je me disais que ça risquais de te déconcentrer alors j’ai attendu….
– Et pourquoi je devrais faire une pause d’une année ?
– Nancy, tu sais qu’il faut qu’on fonde une famille et en plus, Diattou sera bientôt là
– C’est toi qui parle de fonder une famille, toi qui as mis des contraceptifs dans mes boissons ? Mais fonder une famille n’a jamais empêché personne d’étudier ou de travailler, je ne te comprends vraiment pas Fall
– Nancy, il faut que tu penses à faire une pause pour le bien de tous
– Pour ton propre bien tu veux dire !! Comment puis-je mettre à la poubelle autant d’années de galères et d’études acharnées ?!
– Je ne te demande pas de tout arrêter, je te dis simplement de faire une pause d’une année le temps de tout organiser
– Fall quand tu m’as épousée, tu savais que j’étudiais et tu savais que la première chose que je ferais après cela c’est chercher du travail, tu ne peux pas simplement me dire que je dois faire une pause
– Nancy, je suis ton mari, tu me dois respect et soumission
– De quel respect tu parles ? Je crois que nous n’avons pas la même conception du respect alors ! Je ne peux pas rester à la maison et ne pas chercher du taf pendant une année. Quand je serais enceinte, si toutefois, je tombe enceinte, je prendrais des congés de maternité. Pour ce qui est de Diattou, je pense qu’elle est assez grande pour ne pas dépendre de toi ou de moi. En plus tu es là pour elle non ?
– Attends on est bien en train de parler de ma sœur là ?
– Mais Fall, c’est ta sœur, on n’en disconvient pas mais il faut aussi que je pense à moi, imagines que ta sœur s’investisse autant dans les études et qu’au bout du compte, on lui dise de faire une pause, elle tombe enceinte, n’a plus la force de continuer et finit par devenir une femme au foyer, tu souhaiterais ça pour ta propre sœur ?
– Ma sœur, j’ai confiance en son éducation, elle ne verrait pas de problème à cela, elle s’y serait soumise et s’en sortirai malgré tout
– Alors c’est moi qui ne suis pas éduquée, si je comprends bien?
– Prend le comme tu veux mais il n’y a pas de comparaison possible entre toi et ma sœur

A peine avait-il terminé sa phrase qu’il est sorti de la chambre me laissant seule, sans me donner l’occasion de répliquer. Mais pour qui se prend-t-il ? En plus il me fait savoir que sa sœur vaut mieux que moi. Non. Je rêve. Je vais finir par me réveiller.
Voici un exemple du ménage sénégalais. Vous êtes une femme, vous bossez sang et eau, H24 pour obtenir votre diplôme, vous voulez travailler, votre mari vous dit de rester à la maison. En plus il croit que c’est son droit de vous l’imposer car vous êtes sa femme. Qu’il vous parle de pause ou d’arrêt définitif, sachez que le résultat reste le même : vous vous transformez en femme au foyer super dépendante de son mari et qui ne peut même pas s’acheter une allumette pour faire la cuisine. Ça c’est d’un. De deux, vous vous mariez croyant que c’est vous et votre mari, mais la belle famille s’y incruste et essaie de régenter votre ménage. Si vous ne faites pas gaffe, elle réussira à vous expulser de ce ménage et vous serez l’unique perdante dans toute cette connerie. Il ne faut jamais se battre contre une belle famille, elle finit toujours par gagner même si votre mari se rend compte plus tard que vous aviez raison.
Fall voulais que je fasse cette fichue pause mais je ne comptais pas me laisser faire. On ne sait jamais. Je peux faire cette pause et ne plus jamais travailler par la suite. Alors je préfère aller au boulot, ne serait-ce que pour que mes longues années d’études servent à quelque chose. De plus, au début du mariage, il peut tout faire pour moi, me loger, me nourrir et s’occuper de moi mais on ne peut spéculer sur le comportement qu’il aura une fois que j’aurais tout lâché pour lui et sa famille. Ma mère était un exemple palpable. Elle avait tout abandonné : amis, travail, vie sociale, tout !! Elle s’était uniquement consacrée à son mariage, comme on nous le conseil avant d’aller chez notre mari le jour du mariage. On nous dit qu’une femme doit rester chez elle, elle ne doit pas avoir beaucoup d’amies, elle ne doit pas fréquenter d’amies célibataires, ce qui, par conséquent, signifie qu’on doit lâcher ses amies de longues dates qui n’ont pas pu être mariées. Je continue la liste. La femme doit se soumettre à son mari comme un esclave à son maître, elle doit exécuter tous ses ordres sans rechigner. Durant toute mon enfance et même à l’âge adulte, j’ai tellement entendu mes devoirs de femme que la leçon a été retenue par cœur avant mes 20 ans. Mais d’autre part, je vois qu’on parle très, mais alors là, très rarement des devoirs des hommes envers leur femme. Je me suis même rendu compte, après moult recherches que certains droits des femmes avaient été occultés pendant très longtemps. Mais je n’aurais pas pu savoir si je n’avais pas fait de recherche approfondie. On n’en parle jamais. J’ai remarqué que ces droits allaient à l’encontre de ce que les hommes veulent. Tout s’explique. Nous sommes dans un monde d’hommes. Alors quand on est une femme, il faut travailler dix fois plus pour avoir une place normale dans la société, il faut aussi réfléchir dix fois plus pour ne pas se faire diriger par les autres vers une voie qu’on ne souhaite pas emprunter.
Lorsque je me suis éveillée sur cela, je me suis dit que je ne jouerais pas aux soumises au point de mettre mes intérêts à l’écart. Je m’étais toujours dit qu’il fallait que je me batte car j’étais née femme. Cela coule de source que je n’abandonnerais pas ma vie professionnelle au profit d’un homme. Rien que l’idée de devenir une femme au foyer comme ma mère m’effrayait. Tellement. Il boudait, et refusait de me parler. Cela ne lui a pas empêché de manger mes petits plats. Il faut savoir que je suis un cordon bleu. De plus, je sais ce que mon mari aime. Ce qui fait que quand je décide de le faire manger il ne peut échapper à mon délicieux piège. S’il boudait pour une bonne raison, cela m’aurait fait mal mais étant donné qu’il boude parce que je refuse de « parier » sur mon avenir, cela me laisse complétement au pôle nord. Le lendemain, j’en parlais à ma mère et elle me sortait le classique « mougne ». L’endurance que la société recommande à la femme dans son ménage. Cette expression m’énerve, elle est placée partout parce que c’est ce qui est dit toujours partout. On nous dit que si la femme n’endure pas, elle n’aura pas de bons enfants. Alors dans ce cas, les étrangères dans tout ça sont plus chanceuses que nous car elles divorcent, réclament leurs droits et font ce que leur esprit logique leur dicte de faire et pourtant cela ne leur empêche pas d’avoir des enfants pleins de succès. A mon avis, tout est dans la tête. C’est psychologique.
***
Diattou était finalement arrivée durant le weekend. Depuis qu’elle était attendue, elle ne faisait que repousser. Elle est arrivée, très souriante et adorable comme son frère au début de notre relation. Elle ne cessait de me dire que j’étais belle et que j’étais une bonne femme, que la famille avait bien reçu les cadeaux que je leur avais envoyés, il y a peu avec la contribution de ma mère. Elle paraissait très ouverte, plus ouverte que je ne le pensais. Je croyais que les belles sœurs étaient là pour transformer la vie des épouses en enfer mais celle-là n’en faisait apparemment pas partie. En plus elle était jeune alors j’aurais pu en faire une complice pendant qu’elle l’était encore. Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Cela ne m’empêcherait, toutefois, pas de surveiller mes arrières, mon intuition me disais que cette famille est de celles qui disent aux belles filles de tout abandonner pour se consacrer à elles. Je n’accepterais jamais cela au plus grand jamais. Point.
La vie suivait son cour, c’était la rentrée. Diattou avait commencé ses cours tranquillement. Elle ne me fatiguait en rien, faisait certaines tâches ménagères et étudiait bien. La meilleure, Fall s’était calmé au sujet de mon envie de travailler. Il avait lâché l’affaire vu mon entêtement. Un mois avant la rentrée, je m’étais trouvé un job. Ce n’était pas trop bien rémunéré, je n’étais qu’une stagiaire, je n’avais que cent milles par mois mais pour moi c’était un bon début. Quand je suis allée annoncer à Fall que j’avais finalement quelque chose à faire, il est juste resté moqueur… pas du tout emballé. Mais je ne m’en faisais pas. Je n’hypothéquerais jamais mon avenir pour un homme. Je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour le satisfaire en tant qu’épouse, je cuisinais pour lui et sa sœur, le respectait, faisais tout ce qu’il disait, ne sortais pas trop souvent si ce n’est pour voir mes parents. Alors je ne crois pas que j’étais fautive de vouloir gagner ma vie. Ce n’était pas trop demander. Le jour où je lui ai annoncé ça il m’a juste posé deux questions :

– Ah ouais pour combien de temps ?
– Pour trois mois en attendant de voir si mon travail est bien
– De toute façon c’est ce qu’ils disent toujours après c’est pour reconduire les mêmes contrats
– Ah ! Je vois un peu mais bon, c’est mon premier job alors je vais m’y accrocher jusqu’à ce que je trouve mieux
– D’accord, c’est payé à combien ?
– cent mille
– Ah c’est rien ça, répondit-il en se dirigeant vers la chambre me laissant seule au salon
Je ne suis pas le genre de femme qui cache à son mari ce qu’elle gagne. J’ai toujours souhaité être indépendante financièrement alors que mon mari sache ce que je gagne ne me fait rien puisque quel que soit la situation je me prendrais en charge. Je ferais moi-même mes frais. Je n’attends pas qu’un homme ait la bonne volonté de me donner de l’argent pour que je puisse vivre. Quoique mon mari me logeait et me nourrissait depuis le mariage.
Le fait qu’il me parle ainsi me touchait profondément. La moindre chose que j’espérais venant de lui est qu’il me soutienne dans ces moments de…chômage temporaire. Pour moi le stage est une sorte de chômage. J’aurais souhaité qu’il m’encourage à réussir dans la vie, qu’il me booste. Même s’il persistait à faire l’indifférent, je savais qu’il ne souhaitait pas que je parvienne à avoir ce job et il semblait content que je gagne si peu. Alors c’était un défi pour moi de réussir, surtout quand quelqu’un de si proche ne voulait pas que j’y parvienne.
C’était triste et dommage. Il ne m’a jamais encouragé.

Voilà, fin du chapitre 3, j’espère que vous avez adoré !

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