Chapitre 20

Chapitre 20

Voilà une semaine que Jean et Aïcha ne s’étaient pas revus. Il envoya quand même un email pour lui parler franchement. Il envoya un email car son message était très long et en plus, elle refusait de décrocher ses moindres appels. Il se disait que cela aurait plus de chance d’être lu si c’était un mail. Enfin, il voulait la recontacter et au mieux entendre sa voix…si possible.

« Je sais que tu ne veux rien entendre et que tu commences à céder sous le poids de la pression de ta mère. Mais s’il te plaît penses à ce qu’on peut construire ensemble, je suis prêt à me convertir s’il le faut. Je sais que je me mettrais toute ma famille à dos mais je crois profondément que nous sommes faits l’un pour l’autre et que le jeu en vaut la chandelle. Si tu vois mon message fais-moi signe. On pourrait se voir vendredi si cela ne te dérange pas. Je reste à l’écoute. Et saches que je t’aime de tout mon cœur. »

Elle ne vit le mail que le vendredi à la descente. C’était trop tard pour réagir. Elle se dit que de toute façon, cette relation n’engendrerait que des problèmes et elle ne voulait se mettre à dos sa famille pour un homme. Pourtant elle s’était habitué à sa présence et l’aimait maintenant tellement. Aïcha ne pouvait plus se passer de cet homme qui au début ne l’intéressait pas le moins du monde. Mais il insistait et envoyait un message à nouveau, comme s’il était en train de lire ses pensées.

« Même si tu ne me réponds plus, je sais que tu m’aimes, inutile de lutter contre tes sentiments ».

Khalil aussi avait recommencé à s’y mettre. Il avait aussi envoyé un message : « Aïcha, j’ai beau essayer, je ne peux t’oublier ». Elle lut le message, surprise, se demandant si elle lui avait bien signifié qu’elle n’était pas un cœur à prendre. Mais lui aussi insistait avec un autre message plus poignant. « Que dois-je faire pour que tu me donnes une chance ? ». Elle le lut et jeta nerveusement son téléphone au mur. Puis comme ayant regretté d’avoir fait ça, elle courut le prendre et se rendit compte qu’avec son acte impulsif, elle avait gâté l’appareil. Elle se résigna en même temps en se disant : « C’est fait maintenant, vous n’allez plus m’emmerder !! »

Elle laissa le téléphone là où il était et se jeta au lit, ferma les yeux un moment puis elle s’assit,  regarda l’appareil fracassé et se rendit compte de ce qu’elle venait de faire : « Shiit !! Je viens de gâter mon téléphone ! Comment je vais communiquer maintenant !?»

****

Khalil était venu à la maison le weekend. Aicha lui avait ouvert la porte et était surprise de le voir là. « Qu’est-ce que tu fais là ? », lui demanda-t-elle. Il souriait bêtement, content de la revoir. Avant même qu’il ne réponde, sa maman était sortie pour demander aussi qui c’était. Aicha n’eut d’autres solutions que de le laisser entrer et de le présenter à sa maman. Elle discuta un peu avec lui, lui demanda même ce qu’il faisait dans la vie. Comme elle allait vite en besogne ! Très vite, Aicha se rendit compte qu’elle l’aimait bien, vu la façon dont elle lui parlait et riait un peu. Ça y est ! Sa mère avait choisi son gendre. Mais Aicha n’aimait pas du tout Khalil. Alors là pas du tout. Elle n’envisageait pas du tout une seconde de vie avec lui.

Finalement sa maman les avait laissé seuls, l’esprit tranquille.

  • Hey, on dirait que je vais bien m’entendre avec ta mère !! Rigola Khalil une fois seul avec Aicha
  • Parce que tu comptes revenir, répondit-elle, étonnée
  • Ne veux-tu pas que je revienne ?

Elle détourna le regard et prétexta qu’elle devait réviser ses cours pour le chasser subtilement. Il prit congé et promit de revenir.

  • Noooon ! ne reviens pas !
  • Hum Aicha, doucement ! je viens voir ta mère ! pas toi !
  • Quoiii ??

Il ne répondit pas et s’engouffra dans sa voiture.

Quelques jours plus tard, il revint le soir. La maman d’Aicha était assise sur le perron. Il la salua chaleureusement et lui remit un billet de dix mille.

  • Ehh mon fils, ce n’est pas la peine !
  • C’est pour toi maman, ce n’est rien ça
  • Je prie pour toi que tu évolues de plus en plus tous les jours et que tu deviennes un très grand homme respecté et écouté, que tu deviennes quelqu’un dans ce pays
  • Amine maman, Amiiine…Aicha est là ?
  • Oui, elle est dans le salon !

Et il entrait la voir. Elle fit la tête en le voyant.

  • Pourquoi tu utilises ma mère ?
  • Utiliser ta mère ? Comment ?
  • Tu l’utilises pour me voir ?
  • Non arrêtes ça ! chez nous, c’est comme ça qu’on fait avec les personnes âgées !

Elle continua de faire la tête, les yeux rivés sur ses cahiers.

  • C’est bientôt les vacances !! dit-il, après 5 minutes de silence
  • Oui
  • Qu’est-ce que tu vas faire durant l’été ?
  • Rien
  • Vas-tu continuer à me répondre par des mono-syllabes ?
  • Oui
  • Ok, je vois
  • Ok
  • Tu vas m’accompagner quand je vais rentrer ?
  • T’accompagner où ?
  • Jusqu’à ma voiture
  • Elle est devant la porte non ?
  • Oui
  • Pfffff
  • Aichaaa, alleez, je suis là en tant qu’ami, il faut que tu arrêtes de t’enfermer sur toi parce que simplement je suis un homme, c’est quoi le problème avec moi ?

Elle le dévisagea comme pour lui demander s’il s’était trompé.

  • Relaaax Aicha, je suis là en tant qu’ami…on est d’accord ?
  • D’accord sur quoi ?
  • D’accord que nous sommes uniquement des amis
  • Oui
  • Super alors, détends toi et vient m’accompagner

Il se leva et la tira par le poignet pour l’entraîner dehors. Elle refusa un peu, puis y alla quand même en faisant la moue.

Ils passèrent devant la mère, toujours assises sur le perron, écoutant la radio.

  • Maman, je pars
  • Ah au revoir mon fils, passe le bonsoir à toute ta famille
  • D’accord maman, merci

« Je vais l’accompagner » dit Aicha en sortant

« D’accord » répondit sa maman

Ils sortirent enfin et elle lui dit :

  • Ben voilà ta voiture, entres !!
  • Pfff…au revoir…l’éternel crispée….
  • Quoi ?? dit-elle interloquée

Il en profita et lui fit une bise avant d’entrer dans la voiture. Toujours surprise par la tournure rapide des choses, Aicha clignait des yeux, étonnée. Il démarra et dit au revoir en riant de la tête qu’elle faisait. Elle leva les yeux et se rendit compte que Jean était de l’autre côté de la rue. Il avait tout observé. Les questions commencèrent à défiler dans la petite tête de la jeune fille. Comment lui expliquer qu’il n’y avait rien entre elle et Khalil ? Ils s’étaient déjà rencontrés une fois. Il ne comprendrait pas. Et puis, pourquoi lui expliquer puisque sa famille ne l’acceptait pas de toute façon ? A quoi bon rester avec un homme que sa famille entière risquait de rejeter ? Mais il avait dit qu’il allait se convertir et devenir musulman. Toutes ces interrogations défilaient en une fraction de seconde. Elle sentait l’adrénaline monter en elle. Mais bon sang, pourquoi avait-elle si peur tout d’un coup ? Avant qu’elle ne puisse répondre à tout ça, Jean était déjà en train de sortir de sa voiture et se dirigeait vers elle. Ses membres s’étaient paralysés d’un coup. Elle craignait quelque chose mais quoi ? Qu’est-ce qu’elle avait à craindre maintenant  qu’elle avait fait une croix sur Jean?

 

 

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