Chapitre 16

Chapitre 16

  • Si tu me fais ça, je me suiciderais !
  • Parles moins fort, sinon les voisins vont vraiment croire que t’es en train de te suicider !!
  • Je t’aime !

Elle sourit et entra enfin chez elle. Elle tomba nez à nez avec sa mère assise sur une chaise en face de la porte.

Elle croyait qu’à cette heure, sa mère devait déjà être au lit. Elle pensait que tout le monde serait déjà endormi. Mais pour une fois elle s’était trompée.

  • Maman, t’es encore éveillée ?
  • Oui, je t’attendais, j’aimerais qu’on parle

Elle avait dit ça d’un air déterminé et s’était levée se dirigeant vers le salon. Elle ne lui avait même pas donné l’occasion de se changer. A sa réaction, Aïcha comprit que c’était sérieux. Ce n’était pas dans ses habitudes. Elle alluma la lampe du salon et alla s’asseoir sur l’un des fauteuils et dit à Aïcha de s’asseoir en face. Elle s’exécuta aussitôt encore tirée à quatre épingles et un peu étonnée. Dès qu’elle s’assit, sa mère commença à lui parler d’un ton sérieux, comme si elle avait tout retenu par cœur.

  • J’ai appris qu’il y a un homme qui est venu te prendre ici vers 19 heures et là il est minuit. Depuis un temps, tu sors beaucoup et très souvent la nuit pour rentrer très tard. Tu fais des dépenses pour acheter des choses et nous savons tous que tu n’as pas les moyens de te le payer. Nous t’avons bien éduquée. Tu ne manques de rien. Tu es bien logée et toujours bien couvert. Jamais depuis que tu es toute petite tu n’as été privée de liberté, tu as eu droit à tout ce que tu voulais. Mais il y a des choses que nous n’allons pas pouvoir accepter dans cette maison et il va falloir qu’on en parle dès maintenant. Les hommes qui vont et viennent dans cette maison, ce…
  • Mais il n’y a que…
  • Laisses moi terminer !! tonna-t-elle effrayante

Elle n’a jamais été sévère avec sa fille mais ce que Mariama lui a raconté l’a inquiétée et elle s’est dit qu’il fallait peut être utiliser le « bâton » même si Aïcha avait maintenant dépassé la vingtaine.

  • A partir d’aujourd’hui, tu ne sors plus au-delà de 19 heures, si un homme doit te voir, il est hors de question de sortir ensemble de la maison, il n’a qu’à venir te voir ici même, et parmi tous les prétendants qui te suivent, choisis un seul et présenteS le nous et il sera le seul à fréquenter cette maison car il est inimaginable qu’ils aillent et viennent ici comme au marché, dernière chose, les samedi et dimanche, je ne veux plus voir de regroupement d’étudiants ici, tu n’as qu’à étudier ou aider Mariama dans son commerce
  • Mais maman, tout ça en une seule fois !!
  • Ne discutes pas ce que je te dis, estimes toi chanceuse que je n’en ai pas encore parlé à ton père, il t’aurait donné en mariage de suite !! Alors je te conseille de faire ce que je te dis dès maintenant, ne propage pas la honte dans notre famille, tu es jeune ma fille, ces hommes ils seront là tant que t’es jeune et fraîche, une fois que tu prendras de l’âge tu ne les verras plus !! En tant que ta mère, je vais agir maintenant avant qu’il ne soit trop tard !

Après avoir dit ses quatre vérités, elle s’est levée et s’est dirigée vers sa chambre. Sa maman pouvait être très douce avec ses enfants mais une fois que les choses sérieuses commençaient, personne n’osait répliquer. Elle pouvait passer de l’état de doux agneau à une lionne féroce qui dévore tout sur son passage. En plus à la seule évocation de son père, elle eut des frissons. Lui, il ne badine jamais. Il n’intervient pas beaucoup mais quand il s’y met, ça chauffe pour tout le monde même ceux qui ne sont pas concernés. Souvent, elle se dit qu’un jour son père tuerait quelqu’un et ne regretterait qu’une fois la colère passée. Tellement il pouvait entrer dans une colère noire.

Aïcha n’eut d’autres solutions que de se lever à son tour et d’aller dans sa chambre, dégoûtée. Elle était fâchée. Contre sa mère. Contre Mariama surtout. Pourtant elles étaient souvent complices. Elle se demandait ce que sa sœur avait pu dire à sa mère pour qu’elle soit autant en colère. Et puis dire que les hommes trainaient tout le temps dans la maison. D’où sortaient-elles ces conneries ?

Elle décida d’aller se coucher. Il était tard et le lendemain, elle avait à faire. Elle vit un message de Jean : « Je t’aime ». Elle repensa à ce que sa mère lui avait dit et cette phrase résonnait dans sa tête « parmi tous les prétendants qui te suivent, choisis un seul et présente le nous et il sera le seul à fréquenter cette maison ».

Elle se coucha en repensant à tout ça et à sa soirée, cela l’empêcha de dormir jusqu’à deux heures du matin. Elle avait même oublié de répondre au message de Jean.

Le lendemain, elle jugea nécessaire de parler à Mariama avant de quitter la maison. Elle voulait éclaircir certaines choses.

  • Mariama, qu’est-ce que t’as raconté à maman hier ?
  • Je ne comprends pas
  • Qu’est-ce que tu lui as dit à propos de moi et du gars qui est passé hier ?
  • Ecoutes, il est hors de question que tu gâches ta vie pour des futilités
  • Mais de quoi tu te mêles Mariama ??? S’il y a une personne dont la vie est gâchée c’est toi !! Regardes toi ! qu’est-ce que tu fais encore dans cette maison, tu aurais dû dépasser ce stade depuis très longtemps !!
  • Hey, je ne te permets pas de… répondit Mariama en colère levant la louche qu’elle tenait avec l’intention de la frapper

Leur mère intervint : « Hey, qu’est-ce que vous faites ? C’est quoi ça ? Vous voulez me tuer, c’est ça hein ? Depuis quand vous vous disputez comme ça ? » Elles se calmèrent. Mariama retourna dans la cuisine et Aïcha partit à l’université avec son frère, laissant leur mère rouspéter contre elles et les traiter de tous les noms en se demandant si quelqu’un avait jeté un mauvais sort dans sa maison.

Une fois dehors, Aïcha envoya un message à Jean : « Salut, il faut qu’on parle ».  Elle se disait qu’en le présentant officiellement à sa famille, elle pourrait regagner sa liberté car pour elle, il était hors de question qu’elle reste enfermée à la maison et rentre tous les jours avant 19 heures.

***

Sally n’était pas venue à l’université ce jour-là. Il était clair qu’elle déprimait. Presque toute la nuit, elle avait tenté de joindre Momo mais il ne répondait pas. Il s’emmurait dans un long silence plein de reproches. Et Sally plongeait de plus en plus dans la déprime. Elle continuait d’insister et comme s’il en avait marre, Momo répondit vers 18 heures : « Ne m’appelles plus, sinon je change de numéro ».

Cela l’a achevé. Elle l’aimait tellement.

Elle lança un appel de détresse, composa le numéro de Jean. A l’autre bout du fil, il décrocha :

  • Allo Sally ?
  • Jean aides moi, dit-elle en pleurs
  • Qu’est ce qui se passe Sally ?
  • Momo ne veut plus me parler, je ne sais quoi faire ?
  • Mais Sally, je crains de ne pouvoir rien faire pour toi…
  • Quoi ??
  • Non je ne pourrais plus t’aider, ce que tu as fait est vraiment mal et je suis un hypocrite si je t’aide à revenir vers Momo, désolé
  • Mais Jean, je ne suis plus la même, j’ai changé depuis longtemps, j’ai tout laissé tomber pour Momo, insista-t-elle en pleurnichant

Pris de pitié, Jean finit par accepter de parler à Momo, non sans hésitation. Il savait que son ami était une tête de mule et que la tâche s’avérerait difficile. De toute façon, il avait d’autres chats à fouetter, Aïcha voulait parler et il avait hâte de la revoir, il lui avait proposé de le voir chez lui et elle avait accepté mais seulement à l’heure de la pause de treize heures. Ça lui allait même si toutefois, il voulait qu’elle vienne plus tard le soir.

Elle y est allée. Même à cette heure de la journée, la pièce était toute propre et bien parfumée. La pièce était encore fermée et il alluma les lanternes marocaines. Il répondit que ça le rendait de bonne humeur d’allumer ces petites lampes. Dieu seul sait combien il dépensait en petites bougies pour alimenter ces lanternes. Aïcha se demandait comment il faisait pour s’occuper aussi bien de chez lui. Il dit qu’il le faisait tout seul et qu’il lui arrivait de prendre une ménagère quand il était submergé par le travail. Il chauffa un plat de poulet qu’il avait préparé très tôt le matin quand il a su qu’Aïcha devait passer. Il y avait du poulet, des crudités, des frites et il avait aussi acheté des packs de jus. Ils discutèrent autour, dans le salon.

Dès qu’elle finit de lui raconter tout ce que sa mère lui avait dit la veille, il a failli sauter au plafond de joie.

  • Mais c’est Super, dès que t’es prête, je viendrais chez vous, je n’attends que ça
  • Dans tout ce que j’ai dit, tu as juste entendu que tu devais venir chez moi ?
  • Beeen…oui…entre autres, mais ce n’est pas graave, tout va s’arranger au plus vite !
  • Tu ne prends rien au sérieux en fait !!
  • Ecoutes, si ta mère t’a dit tout cela, c’est parce qu’elle t’aime, il n’y a pas de quoi s’alarmer
  • Ok, tu vas t’alarmer quand tu n’auras plus la possibilité de me voir au-delà de 19h
  • Tout va s’arranger, tu vas voir

Jean, rien ne l’intéressait à part le fait qu’il devait rencontrer la famille d’Aïcha. Il se disait qu’il l’a enfin pour lui tout seul puisqu’il était la première personne à qui elle s’était adressé à ce propos. Cela voulait dire qu’il occupait une place au moins dans sa vie et rien que cela le rendait heureux. Il fixa même le samedi suivant pour y aller. C’était trop juste pour Aicha mais le plus tôt était le mieux, elle voulait en finir une bonne fois pour toute. Alors elle donna son accord pour le samedi et se dit qu’une fois à la maison, elle préviendrait sa mère.

Vous voulez connaître la suite, restez connectés Jeudi !!

Allez voir les nouveaux auteurs de Carvi Writer sur le site www.carviwrite.com et restez à l’écoute pour le tome 2 de « l’autre côté de l’amour » dont la date de sortie vous sera très bientôt communiqué. Très bonne lecture !!!

 

#CarviWriter

#NouveauxAuteurs

#Incomprise

 

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>