Chapitre 13

Chapitre 13

Nous, humains, avons cette peur pour les délais qui approchent. C’est un sentiment de manque prochain qui nous gagne et on s’empresse. Lorsqu’on est étudiant, on a tendance à attendre au dernier moment pour réviser. Et quand le devoir est proche, on commence à faire tout ce qu’on peut et des fois on s’en sort avec de meilleures notes que lorsqu’on a mis des mois à préparer le test. Lorsqu’on entre dans un magasin et on trouve une petite quantité d’un produit, on a envie d’en acheter car on a peur qu’il disparaisse si on ne l’achète pas tout de suite. Il en est de même pour les ultimatums, quand quelqu’un nous demande de choisir, notre cerveau se met à bouillir. Quel que soit notre fierté ou notre dignité, nous nous sentons obligés de prendre une décision. Même si elle va prendre le sens opposé de ce que veut celui qui nous pose cet ultimatum.

Aïcha n’échappait pas à cette règle. Malgré son calme légendaire, son cœur battait la chamade comme si elle allait passer un examen. Elle ne savait quoi faire en fait. Une partie d’elle disait qu’il était hors de question qu’elle accepte. Mais pourquoi avait-elle donc peur. Parce que ce qu’elle ressentait ne pouvait être que de la peur. Toute la soirée, elle se mit à cogiter, mangeant très lentement, ce qui n’était pas son habitude.

Cela a étonné toute sa famille, sa mère, sa sœur, son frère et même son père. Chacun lui disait « Hum, à quoi tu penses ? » « C’est pas ton genre de manger aussi lentement » « D’habitude, tu n’es jamais aussi pensive ! ». « Où as-tu eu cette pizza ? ».

« Laissez-moi tranquille, on ne peut pas réfléchir en paix !! » finit-elle par dire en se levant du bol familial.

« Ce n’est pas non plus ton genre de t’énerver ! » rajouta son frère tandis qu’Aïcha se dirigeait vers la cuisine pour se laver les mains

« Hey ! Tu arrêtes tes caprices de petite fille ! Petite sotte » gronda son papa. Ce n’était pas non plus son habitude de crier sur les gens.

Finalement, tout le monde sortait de ses habitudes. Après s’être lavé les mains, Aïcha tomba de tout son long sur son lit en se posant plein de questions.

« Je ne dois pas accepter de sortir avec lui. Je dois l’appeler et le lui dire. Mais comment le lui dire ? Va-t-il disparaître de ma vie comme il l’a dit. Le fait-il juste pour me tester ? » Elle tourna la tête à droite et voyait sur la coiffeuse de fortune les boucles d’oreille. Cela la fit sourire.

Elle commença à s’imaginer aussi ce que cela serait d’être avec lui. Elle s’était tellement projetée qu’elle avait imaginé ce que serait leur mariage. Certaines femmes imaginent des choses et cela fait qu’elles s’accrochent même quand la relation avance difficilement.

C’était le cas de Sally. Elle était aux anges car Momo l’avait invitée à un dîner d’affaires le lendemain. Il avait défendu son projet lors d’un concours et du coup il avait été sélectionné pour aller à un dîner d’affaire et rencontrer des investisseurs. Il lui avait été signifié qu’il pouvait venir accompagné et pouvait même distribuer jusqu’à trois autres cartes d’invitations.

Sally était le prototype de la femme sans ambitions professionnelles. Elle pouvait se contenter uniquement de la réussite de son homme. Elle voulait faire du shopping, bien manger, vivre la vida loca. Elle voulait se marier aussi, fonder une famille sans trop souffrir dans sa vie. Elle supportait mal le fait de devoir affronter la réalité. Tout ce qu’elle voulait c’était de vivre dans sa  bulle. Une éternelle rêveuse et qui ne veut comprendre qu’il faut peut-être un minimum d’effort et un certain mental pour réaliser ses rêves.

Momo ne l’aidait pas en l’invitant à un tel cocktail. Elle était plus qu’euphorique. Il lui avait remis 150 mille francs pour qu’elle s’achète une robe et se fasse belle et elle a failli sauter au plafond à la vue des billets de banque.

Le jour de la soirée, elle voulut tout faire de manière grandiose, on aurait dit qu’elle se mariait. Elle ne suivit pas sa routine quotidienne.

Elle se réveilla à 7 heures du matin, se lava très rapidement et alla en ville dans un salon de thè non loin de la place de l’indépendance. Là elle prit un bon petit déjeuner, café au lait, crêpe à la marmelade. Au moment de finir, il était presque 9h, juste l’heure à laquelle les boutiques du marché Sandaga s’ouvraient. Elle s’y dirigea tranquillement, acheta une robe tout à fait à son image : rouge, bien décolletée avec des lanières comme un labyrinthe, mais longue quand même. Le parcours était loin de finir, elle entra dans une bijouterie et se prit de jolis bijoux. En tout, un ensemble constitué d’un collier, de boucles d’oreilles, d’une montre en forme de bracelet et d’une bague, le tout serti de pierres. Elle s’était aussi acheté des escarpins. Elle venait là de dépenser les deux tiers de ce que Momo lui avait remis. Elle n’avait rien marchandé et avait tout payé cash, elle se trouvait vraiment dans son élément.

La veille, elle avait demandé le chauffeur de Momo  mais celui-ci lui dit qu’il aurait beaucoup de courses à faire et que c’était prévu depuis longtemps. Elle se fâcha un peu puis finit par s’y faire.

Les achats faits, elle prit un taxi pour aller à un spa aux environs de la corniche. Elle n’y était jamais allée mais avait consulté leur site la veille et avait une idée de ce qu’elle voulait faire là-bas : Soins du corps, du visage, pédicure, manucure. Elle s’était même offert un massage de trente minutes. Elle voulait être rayonnante pour cette soirée. Elle prenait trop les choses à cœur. Inutile de dire qu’elle n’était pas allée à l’université  ce jour-là.

Aicha l’avait appelé durant la journée :

  • Allo ?
  • Oui Aicha, comment tu vas ?
  • Je vais bien et toi ?
  • Moi aussi ça va !
  • T’es pas venue aux cours aujourd’hui, tout va bien ?
  • Oui, j’ai juste prit la journée d’aujourd’hui pour me préparer à la soirée
  • Quelle soirée ?
  • Ah j’ai oublié de te dire, Momo m’a invité à un dîner d’affaire où…
  • Ah ça !!
  • Tu étais au courant ?
  • Oui, Jean m’a invité ce matin, je ne sais pas si je vais y aller, attends une minute, c’est pour ça que t’as séché tous les cours de la journée ?
  • Shiiiii Aicha, ne me fais pas le discours de la fille super sérieuse, tu viens ou pas ?
  • Je ne sais pas, j’y réfléchis
  • Et si Jean t’a invité et que tu hésites, est-ce à dire que…c’est ce que je pense
  • Bon écoute, on se verra après, et je te dirais tout.
  • Hum, viens à la soirée, s’il te plaîîît !!
  • Hey, bye bye, jeune maquerelle !
  • Qui tu traites de maquerelle ???
  • Clic !!

Aicha avait des choses à raconter. La veille, elle s’était endormie dans une hésitation profonde. C’est l’appel de Jean qui la réveilla tôt le matin. Partagée entre la panique, la surprise et l’étonnement, elle répondit du tic au tac comme acculée.

  • Dois-je supposer que je suis obligé de t’oublier après ce silence !
  • Non, mais non, ce n’est pas ça !
  • Alors cela veut dire oui ?
  • Oui ! Non !!!
  • Oui ou non ?
  • Oui…Euh…Enfin…
  • Très bien, tu ne regretteras jamais d’avoir pris cette décision, écoutes, ce soir, je t’invite à un dîner d’affaire, je passerais à l’heure de la pose te remettre tout ce dont t’auras besoin
  • Quoi ??
  • Allez bye !! bisou, je t’aime !!

Il allait tellement vite  comme s’il voulait éviter qu’Aicha change d’avis. Après avoir raccroché, elle se réveilla aussitôt brutalement revenant à la réalité, se demandant si elle ne rêvait pas. Mais non, elle venait bel et bien d’accepter de se poser avec Jean. Elle reprit le téléphone et l’appela pour lui dire qu’en réalité sa réponse ne voulait pas vraiment dire « oui » mais ça sonnait dans le vide. Plus tard alors qu’elle était en route pour l’école, il lui envoya un message : « désolé mon amour, j’étais sous la douche ».

Elle ne comprit rien à ce qui se passait. Les choses allaient trop vite pour elle. Toute la journée, elle attendit Sally mais en vain. A l’heure de la pause, Jean vint à l’école avec une boîte et lui dit que c’était pour la soirée et qu’il avait tout acheté il y avait une heure étant donné qu’elle devait faire ses cours. Il y avait tout, une robe super classe, des chaussures, des bijoux et même une palette de maquillage. Rien ne manquait.

  • Mais, Jean, pourquoi ? Où est ce que je vais garder ça ? Je…
  • Tu n’as pas le droit de le refuser !! c’est mon devoir de t’offrir ça !
  • Ok…Où vais-je garder ça ?
  • C’est à toi de voir, je peux le remettre à quelqu’un chez toi ou tu peux venir t’habiller chez moi, tu fais comme tu veux, préviens moi simplement

Elle ne voulait pas qu’il amène ces cadeaux chez elle et en même temps elle trouvait déplacé le fait de devoir s’habiller chez lui. Elle ne savait quoi faire. Elle hésitait.

***

A 19h, Sally était déjà prête et n’attendait plus que Momo. D’habitude elle faisait toujours attendre ces hommes au moment d’aller quelque part. Il avait libéré le chauffeur puisqu’il avait passé une journée hyper chargée. C’était alors à lui d’aller en voiture la récupérer. Vers 19 h 15, il arriva chez Sally, sonna à la porte, elle ouvrit et il était bouche bée. Elle se mit à tourner lui en mettant plein la vue.

  • Comment tu me trouves ?
  • Sally, c’est comme ça que tu comptes t’habiller pour aller à un dîner d’affaire ?

Restez connectés pour voir la suite de cette histoire Jeudi à 11 heures piles !!

Allez voir les nouveaux auteurs de Carvi Writer sur le site www.carviwrite.com et restez à l’écoute pour le tome 2 de « l’autre côté de l’amour » dont la date de sortie vous sera très bientôt communiqué. Très bonne lecture !!!

 

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